Bella POV

Je m'appelle Isabella Swan, mais je préfère Bella, âgée de 17 ans et voici mon histoire.

Je suis devenue une survivante depuis trois ans. J'ai perdu, je crois, ce qui m'était le plus cher. Matthew, mon frère (de cœur), mon confident et mon meilleur ami. Comment ?

Il est mort, pendu. Le suicide quelle mort atroce. Quand je pense que tout cela est de ma faute, enfin bref.

Aujourd'hui est un jour moins banal –mais tout de même inintéressant- que les autres. Je déménage. Je quitte l'amour ardent de Renée, accessoirement ma mère, et de Phil, mon beau-père. Je m'en vais vers un autre monde. Je quitte le soleil, les paysages orangers, Phoenix une ville inoubliable pour le vert glacial de Forks, bled perdu dans l'Etat de Washington, pour vivre avec mon père.

Cette mélancolie, je l'ai choisi. Je pars de mon plein gré pour fuir ces souvenirs. Ceux qui me hanteront à jamais.

La première impression que je donne est celle d'une jeune fille perdue sous une carapace d'acier c'est vrai, c'est ce que je suis devenue.

Ma passion pour la mode et les couleurs s'est volatilisée il y a exactement 1296 jours. Je sais, la précision ne manque pas à l'appel. Ma passion s'est orientée vers l'obscur, le renfermement, la lecture et la musique.

« L'opportunité » de savoir jouer le piano et la guitare m'a été donnée. Je ne suis de ces prétentieux à dire avoir assez de talent pour intégrer un Conservatoire mais disons que je me débrouille.

Me voilà arrivée à William International Airport, l'aéroport de Port-Angeles.

Les gens se bousculent, presque à se piétiner. Ils sont surement enthousiastes de retrouver leurs famille, ou pas.

Moi, je suis de ces personnes qui ont des têtes d'enterrement, de ces personnes qui sont totalement indifférentes à l'instant présent.

J'aperçois au loin la silhouette de Charlie, mon géniteur.

J'aurais la « chance » d'habiter sous le même toi que Le shérif de Forks pas de bol.

J'avance toujours avec mon habituelle lenteur phénoménale vers lui Son sourire s'élargit à vue d'œil, laissant apparaître quelques rides au coin des yeux Ce qu'il avait vieillit depuis la dernière fois qu'on s'était vu (même si ça remonte déjà à 4 ans).

Et me voilà face à lui, ne sachant pas quoi faire ça ne serait pas mal de commencer la discussion, non ? Je m'imaginais mal lui sauter au cou, disons que les marques d'affections ne sont plus mon fort.

_Heu, salut Papa...

_Bella ! Bienvenue dans l'Etat de Washington.

_Hum, merci.

La gène prenait déjà place. Ca promettait cette année.

On sort de l'aéroport, mes valises en mai en direction pour la voiture. J'espère qu'il en a acheté une nouvelle, parce que la voiture de brigade, très peu pour moi.

A croire que la chance m'a sourit pour une fois. Charlie avait opté pour l'achat d'une Audi A5 noire qui, je dois l'avouer, est plutôt pas mal. Il a du toucher une sacré prime pour pouvoir se la payer.

_Jolie voiture. Disons que ça change de l'ancienne.

_Effectivement, c'est mon bijou. J'ai eu droit à une prime vu que mon périmètre s'est élargi.

_Ah, comment ça « élargi » ?

_Ben, je ne suis plus Le shérif de Forks. Je suis devenu l'un des trois directeur-adjoint de la base Olympic de Washington.

Malgré les yeux braqués sur la route, j'y décelai un infime éclat de fierté. Chacun son délire [...]

_Tu as de quoi en être fier, mes sincères félicitations.

_Merci, alors prête pour une heure de route ?

Je n'ai pas vraiment le choix, pensais-je.

Durant cette heure, Charlie me posa des questions sur presque tout. Phoenix, mes amis, le lycée, ma vie en gros. Cette conversation ne dura même pas une demi-heure. Je lui demandai à mon tour sa vie. Selon ce que j'ai pu comprendre, lui c'était pêche, travail, baseball (à la tété). Quelle existence affligeant, mais après tout c'est son choix.

Après une heure de route interminable, je vis enfin le fameux panneau « WELCOME TO FORKS ».

Bienvenue, quel bien grand mot dans mon cas actuel.

Ici les gens n'avaient pas changé, ils avaient toujours les mêmes minois reflétant une routine inlassable. Quand je pense que ma vie sera la même en même temps j'y suis déjà habituée –depuis quelques temps, mon existence est similaire à celle de Forks- , je resterais la même mais j'ai juste changé de « territoire ».

On arriva devant la maison, je ne m'attends pas à un manoir juste à mon ancienne maison à laquelle je m'étais habituée et presque attachée. A mon grand bonheur, oui et non, je retrouvai effectivement ma maison mais plus la même. Celle-là avait eu droit à un relooking extrême. Elle n'avait plus rien à voir avec celle que mes parents avaient acheté il y a des années de ça.

Le porche si traditionnel a été retapé laissant place à plus de modernité, la maison en elle-même a été agrandi mais c'est quoi ce bordel ? Je dois –encore- avouer que cette nouvelle version de maison était… Jolie ?, Sympa ?, non, Accueillante, en fait un peu des trois. Elle n'était soit pas plus grande que ma maison de Phoenix mais, j'aime. Elle parait plus personnelle.

En outre, les maisons autour faisaient un énorme contraste. Rien qu'avec mon toit de résidence, je ne passerais pas inaperçue. Comme si j'avais réellement besoin de ça […]

Je pénétrai dans l'habitation. D'un coup d'œil, elle parait plutôt bien, mais je n'ai ni le temps, ni l'envie de visiter les lieux.

_Bella, me héla Charlie

_Oui ?

_Sachant que tu ne veux pas de voiture, j'ai une chose pour toi, un cadeau.

Il ne me laissa même pas le temps de répondre qu'il enchaîna, sur la défensive.

_Je sais, tu détestes les cadeaux. Mais au moins accepte celui-ci. De toutes les façons il est déjà installé, et je suis sûr que tu vas l'adorer.

Arf ! Ou pas. Depuis quand Charlie me faisait-il des cadeaux, et depuis quand était-il devenu aussi bavard. Cet homme n'est pas mon père !

Bon allez Bella, allons voir ton cadeau.

_Et bien, allons-y. Il est où ce fameux cadeau ?

_Dans ta chambre.

A voir sa tête, je pouvais voir qu'il était fier comme un paon de son présent. Je commençai l'ascension des marches de l'escalier une à une, pour enfin arriver devant la porte de mon Sanctuaire.

J'y pénétrai. Elle avait changé, comme tout ce qui était ici d'ailleurs. Pas gigantesque, mais tout de même pas petite. Elle comprenait comme toutes les chambres une armoire, un lit deux places, une bureau, une chaise, une porte derrière laquelle il doit y avoir une salle de bain et un piano avec un énorme nœud rouge. Rien de spécial. Attendez un peu, retour sur image. UN PIANO ? Depuis quand on a un piano !

_A voir ta tête étonnée, tu viens d'apercevoir ton fameux cadeau.

_Je… Oui… c'est… Merci, papa. Il est magnifique, bafouillais-je

_Mais de rien, ta mère m'a dit que tu étais nostalgique de devoir laisser ton piano. Et vu que tu as déjà apporté ta guitare, je t'offre le piano.

Ce n'était soit pas mon piano à queue blanc, juste un piano droit noir ébène mais je l'aimais déjà tant.

Après ces quelques mots échangés, Charlie quitta la pièce. Il n'a pas tant changé que ça, finalement il ne s'attarde jamais longtemps.

Demain je rentre au Forks High School, le lycée de Forks. J'ai vraiment mal choisi ma rentrée quelle idée d'arriver mi-mars, impudence assurée. Je vois déjà les regards indiscrets à mon égard.

Mes valises étaient dans un coin de la chambre, et l'envie de déballer mes affaires n'est pas présente.

Je cherchai mon Sound Dock et y branchai mon Ipod. Trouble retentissait dans l'habitacle de ma chambre, j'affectionne assez Coldplay.

Oh no, I see,
I spun a web, it's tangled up with me,
And I lost my head

(Oh non je vois, une toile d'araignée,

Je m'y suis emmêlé et j'ai perdu la tête)

C'est vrai, depuis quelques temps je n'avais plus ma tête. Et c'est sur cette dernière pensée que je me laissai aller dans les bras de Morphée.